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ALT - photo : Jean-Jacques Ader

Mouvements

PRÊTS ET DÉPÔTS
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Mouvements des collections

L’entrée dans la collection d’un musée ne signifie pas pour un artefact ou un spécimen un enfermement jusqu’à la fin de son existence. Au contraire, il n’est pas rare que des objets remarquables ou particulièrement signifiants quittent provisoirement leur établissement d’origine pour des durées plus ou moins longues.

LES PRÊTS

Les expositions et études scientifiques constituent deux opportunités pour les objets de quitter les réserves. Lorsque les objets sont amenés à sortir de l’établissement, une procédure spécifique garantit leur intégrité.

Monachus monachus, collections du muséum de Toulouse
Phoque moine de Méditerranée mort au Jardin des plantes le 8 fév. 1901 - coll. muséum, MHNT.CARN.49, photo. : Jean-Jacques Ader

POUR EXPOSITION

Pour compléter leurs fonds lors d’expositions temporaires, les musées empruntent régulièrement des objets auprès d’autres établissements culturels voire d’institutions privées (fondations ou galeries) ou de particuliers.

Ces prêts qui s’opèrent au niveau national ou international impliquent une demande préalable de l’emprunteur démontrant la pertinence du propos et détaillant les objectifs scientifiques de l’exposition. Ils sont généralement accordés pour des durées de trois mois à un an.

Les prêteurs les octroient traditionnellement à titre gracieux mais le musée emprunteur s’engage à assumer les frais occasionnés (emballage, transport, installation, parfois restauration) et garantit les objets empruntés contre les risques encourus par le biais d’une police d’assurance spécifique.

En 2010, Le Musée d’Archéologie Nationale de Saint-Germain-en-Laye prêtait par exemple plusieurs pièces majeures d’art préhistorique au muséum de Toulouse à l’occasion de l’exposition Préhistoire, l’enquête. Ce dernier a eu l’occasion en 2016 de rendre la politesse lors de l’exposition L’ours dans l’art préhistorique avec une pièce de la collection Félix Régnault. Même sans réciprocité, cette pratique est toujours bénéfique aux deux partenaires, l’emprunteur enrichissant son exposition, le prêteur mettant en lumière des parties de son fonds parfois peu exploitées.

POUR ÉTUDE

Les muséums d’Histoire naturelle sont également souvent sollicités par la communauté scientifique afin de prêter des spécimens pour études. Les chercheurs ou laboratoires de recherche signent des contrats décrivant leurs objectifs et délimitant leurs protocoles.

Ces objets sont prêtés pour la durée de l’étude qui aboutit généralement sur une publication de recherche. Les musées prêteurs bénéficient ainsi d’un enrichissement documentaire et d’une mise en lumière de leurs collections. Comme, par exemple, la description des restes crâniens d’un reptile géant malgache prêtés à l’université de Milan attribués à une nouvelle espèce : Razanandrongobe sakalavae.

Journal du laboratoire, prêt de coquillages et oursin à Mr Parayre
Extrait du Journal du laboratoire de Philippe Lacomme, prêt à l'École des beaux-arts en fév. 1938 - coll. muséum, cote A.06.11.52
Journal du laboratoire, prêt à J. Mandement, collections du muséum de Toulouse

Extrait du journal du laboratoire de Philippe Lacomme, août 1937, prêt pour une comédie à Joseph Mandement réalisateur, archéologue aux méthodes de fouilles peu communes - coll. muséum, cote A.06.11.52

LES DÉPÔTS

Afin d’enrichir leurs présentations permanentes, les musées accueillent parfois des objets en dépôts provenant d’autres établissement culturels.

Par une demande détaillée et motivée auprès du déposant, l’établissement dépositaire précise notamment les moyens qu’il s’astreint à mettre en œuvre pour garantir des conditions de conservation et de sécurité optimales. En cas d’accord, celui-ci prend la forme d’un acte de dépôt spécifique.

Les dépôts sont habituellement accordés sans contrepartie financière et sont conclus pour des durées de trois ans renouvelables par tacite reconduction. Les objets déposés sont inscrits par le dépositaire sur un registre distinct de son inventaire propre.

À titre d’exemples, en 2007, le muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse a consenti au dépôt d’un bambou gravé néo-calédonien issu de ses fonds au profit du musée Champollion–les écritures du monde de Figeac alors en cours de restructuration. La même année et dans un contexte équivalent, Le muséum de Toulouse bénéficie à son tour de la part du musée du Quai Branly du dépôt de jambières provenant des Îles Kiribati qui viennent compléter une armure visible dans l’espace Grandes fonctions. Également dans un cadre similaire, en 2014, le muséum a déposé 105 objets de préhistoire au musée-forum de l’Aurignacien d’Aurignac.
Ces dépôts se perpétuent jusqu’à présent, enrichissant les présentations permanentes de leurs bénéficiaires.

Armure complétée par dépôt
Armure des Îles Kiribati dont des jambières (D.2007.1.1) en dépôt (musée du Quai Branly, MQB 71.1889.110.6) - coll. muséum et MQB

Photo. d’en-tête : Spécimen de cervidé au laboratoire du muséum – photo. (détail) : Jean-Jacques Ader

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