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Miscellanées

HISTORIQUE DU FONDS
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Un fonds hétéroclite

Ce fonds modeste, dont le contenu est encore en cours d’étude et de définition, est constitué d’objets manufacturés anciens ne relevant pas directement ou exclusivement de l’ethnographie, des sciences naturelles ou de la préhistoire. Cet ensemble de natures variées, bustes, maquettes préparatoires, instruments scientifiques, matériel pédagogique ou plans en relief, se rapporte aussi bien à l’Histoire des sciences, de la muséographie ou des expositions qu’aux beaux-arts et arts et traditions dits populaires.

ARTS, SCIENCES ET TECHNIQUES

Cette hétérogénéité qui les rend difficilement classables au sein du muséum est due à leurs origines. Qu’ils n’aient pas été acquis spécifiquement pour l’enrichissement des fonds scientifiques, qu’ils semblent incongrus au sein d’un lot cohérent ou qu’on ignore tout de leur provenance, il peut arriver que leur place au muséum pose question.
Les anciens outils de travail ou éléments de décor, parfois aujourd’hui considérés comme désuets, ne sont pas pour autant dénués de valeur. Témoins de l’histoire de l’établissement, ils font partie des collections.

Buste, bronze et marbre, V. Ségoffin, fonderie Andro, collections du muséum de Toulouse
Buste d'Émile Cartailhac par Victor Ségoffin, 1902 - coll. muséum, MHNT.MISC.2001.0.2

Les réalisations artistiques, portraits en statue ou bas-relief exécutés par des artistes de renom, étaient un moyen d’immortaliser les érudits et de les présenter au public. Ces œuvres sont liées au musée de par les sujets représentés et leurs dimensions historique et affective.

La chasse au mammouth, maquette de Philippe Lacomme. Si la crédibilité scientifique de la scène de chasse peut être interrogée, cette représentation renseigne cependant sur les interprétations de l'époque et présente un intérêt artistique - Extrait d'un film de Joseph Mandement, années 1920 - coll. muséum, achat 2013

Portrait allégorique, photo. d'E. Trutat, dépôt des Toulousains de Toulouse aux Archives Municipales en 2006

Portrait allégorique d'Eugène Trutat, 1906. On y voit son médaillon (MHNT.MISC.2014.0.2) par Rivière - Photo. : E. Trutat - AM de Toulouse, cote 51Fi189

Par ailleurs, pratiques scientifiques et artistiques étaient complémentaires. Avant l’apparition de la photographie et la démocratisation de ce procédé, le recours aux arts picturaux était indispensable aux naturalistes qui souhaitaient publier leurs découvertes. Quand les chercheurs ne réalisaient pas eux-mêmes ces représentations, ils faisaient appel à des dessinateurs naturalistes1 qui participaient parfois aux expéditions2.

Étudiants et amateurs venaient s’exercer au dessin dans les galeries du muséum et des collections étaient prêtées à l’École des beaux-arts pour les travaux d’après nature3. Les ornements architecturaux et picturaux en vogue dans certains mouvements artistiques, qualifiés de crime par d’autres4, s’inspiraient du monde naturel et des cultures récemment découvertes par les Occidentaux.

Le peintre toulousain Léon Soulié a travaillé sur la naturalisation de la girafe du muséum avec Nicolas Joly, Achille Lavocat et le préparateur Fleury Traverse5. L’affichiste Arthur Foäche a fait don d’un putois naturalisé en 1902 et en 1965, le muséum a acquis la collection d’oiseaux en peau de Roger Reboussin, artiste animalier, ornithologue et professeur de dessin au Muséum national.

Autres exemples, les plans en relief modelés et sculptés par des cartographes et une série de dentures fossiles et actuelles en plâtre de la collection Édouard Lartet. Le moulage, par la production de multiples, pouvait servir aux études scientifiques et était propice à la diffusion.

Maquette de tyrannosaure
Modèle réduit peint de tyrannosaure réalisé par Vernon Edwards, achat 1937 - coll. muséum, MHNT.MISC.2016.0.9

En outre, quand le spécimen type original qui a servi à décrire l’espèce a disparu, sa copie prend une autre dimension scientifique et patrimoniale. Certaines des maquettes préparatoires en cire de Philippe Lacomme, préfiguration de ses futures naturalisations, ont été coulées en plâtre et en bronze, ainsi pérennisées elles passent du statut d’études anatomiques à celui d’œuvres.

Bronze, collections du muséum de Toulouse
Les bisons du Tuc d'Audoubert, bronze de Philippe Lacomme, 1923 - coll. muséum, MHNT.MISC.2019.0.1
Maquette d'éléphant, collections du muséum de Toulouse
Tirage en plâtre de la maquette préparatoire de Philippe Lacomme, 1911, pour la naturalisation de l'éléphant d'Asie "Punch" (MHNT.PRO.1) - coll. muséum, MHNT.MISC.2018.0.1

Parmi les autres pièces du fonds l’on peut citer aussi des représentations de mégacéros et dinosaures de Marthe Alers-Abran et Vernon Edwards, des demi-écorchés de Jules Talrich, des modèles anatomiques de la Maison Deyrolle et des médaillons et bustes de personnalités par Théodore Rivière et Victor Ségoffin.

Lorsque de façon évidente un objet ne s’inscrit pas dans une pratique ou une histoire qui justifie sa conservation au muséum, en fonction de sa nature, il peut être transféré dans un autre établissement de la municipalité et intégrer une collection existante.

Observés hors de leur contexte d’utilisation ou de présentation d’origine, ces artefacts, devenus objets de musée6, nous en apprennent autant sur la manière dont étaient abordés et diffusés les savoirs scientifiques que sur les techniques de travail ou la représentation sociale des praticiens et théoriciens locaux de cette époque.

NOTES ET RÉFÉRENCES

1. Philippe Picot de Lapeyrouse a fait appel à Pierre-Joseph Rédouté et à l’ingénieur et botaniste Laferrerie pour dessiner les planches de Figures de la flore des Pyrénées (coll. muséum, cote A 58, Rosalis). Certaines des planches de Laferrerie ont figuré aux Expositions des produits des beaux-arts et de l’industrie de Toulouse de 1827 et 1829. En outre, ce type d’expositions montrait également des montages ostéologiques, des animaux naturalisés et des boîtes entomologiques (“Picot de Lapeyrouse d’après des documents conservés à la bibliothèque du Muséum national”, Y. Laissus, Bulletin de la Société d’Histoire naturelle de Toulouse, 1972, T.108, Gallica, BNF ; “Les peintres toulousains et les Pyrénées à l’époque romantique”, Marguerite Gaston, Annales du Midi, 1972, Persée).
2. À l’exemple du phrénologiste Pierre-Marie Alexandre Dumoutier qui faisait partie de l’expédition de Jules Dumont d’Urville dans les mers du Sud (1837-1840). L’objectif était de réaliser des moulages sur nature des populations rencontrées. Des copies de ces moulages ont été largement envoyées en France et à l’international dans les musées et écoles à vocation scientifique et artistique. Ils servaient à l’étude anatomique et avaient une dimension esthétique qui attirait le public, curieux de découvrir des populations lointaines nouvellement découvertes par les occidentaux et dont certaines ont aujourd’hui disparu. La phrénologie avait pour but de classer les individus et les populations. Pseudo-science obsolète, éthiquement discutable et déjà critiquée de son temps, on peut se demander dans quelle discipline cataloguer ces objets. Les exemplaires conservés au muséum de Toulouse ont été inventoriés en anthropologie pour correspondre à leur catégorisation au moment de leur acquisition au XIXe. Le compte rendu de l’expédition, Voyage au Pôle sud et dans l’Océanie sur les corvettes « L’Astrolabe » et « la Zélée », est consultable à la bibliothèque du muséum (cotes C 2152 à 64) et dix volumes sont en ligne sur BHL.
3. On trouve des demandes de prêts et d’autorisations à venir dessiner dans les galeries dans les journaux du laboratoire (archives du muséum).
4. Dans son manifeste de 1908, Ornement et crime, l’architecte viennois Adolf Loos s’inscrit contre l’ornementation, considérant que le décor, symbole de la bourgeoisie, engendre des surcoûts économiques et nuit à la fonction de l’objet et du bâtiment. Ces arguments prônant la sobriété inspireront, entre autres, les figures du design et de l’Architecture moderne dont Le Corbusier et Walter Gropius.
5. Recherches historiques, zoologiques, anatomiques et paléontologiques sur la girafe, (Camelopardalis giraffa, Gmelin), Nicolas Joly et Achille Lavocat, 1845, coll. muséum, cote 493.930 JOL, Rosalis
6. Christian Ruby aborde ce statut de l’objet au regard de son observateur et de son inscription dans une collection, particulière ou muséale, dans « ‪Béatrice Fleury, Jacques Walter, dirs, Vies d’objets, souvenirs de guerre‪. Nancy, pun-Éditions universitaires de Lorraine, coll. Questions de communication série actes, 2015, 340 pages », Christian Ruby, Questions de communication, vol. 30, 2016, cairn.info. Il évoque également le (dé)cloisement des arts, sciences et techniques dans son article « Arts et Sciences / Sciences et Arts. Sur une médiagraphie en cours de réalisation », Le Philosophoire, vol. 35, 2011, cairn.info
7. Pour en savoir plus sur l’Exposition de Toulouse de 1865 voir le Journal illustré de l’Exposition toulousaine : paraissant deux fois par semaine pendant toute la durée de l’exposition sur Gallica, BNF.

Photo. d’en-tête : Salle capitulaire des Jacobins durant l’Exposition de Toulouse de 18657, photographie d’Eugène Trutat – Coll. muséum, MHNT.PHa.1824.A.50

Miscellanées en ligne

2000 ans, 2000 images

2000 ans, 2000 images

Les miscellanées sur un site commun aux musées toulousains à l’occasion des 2000 ans de la ville : 2000 ans, 2000 images.

Base Joconde des musées de France

Base Joconde

Les miscellanées sur la base Joconde, portail des musées de France. Le jeu de données est disponible sur la plateforme du Ministère de la Culture. Ces objets sont également visibles sur Moteur Collections.

Plateforme POP

Plateforme ouverte du patrimoine

Les miscellanées sur la POP, base nationale du patrimoine.

Voir toutes les bases de données sur la page des collections en ligne.

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